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Thérapies

Tendinite du dessus du pied : soulager la douleur sans négliger une fracture de stress

Élisabeth Dufresne 6 min de lecture
Tendinite dessus du pied : podologue examine le cou-de-pied

Publié par : — Rédactrice spécialisée en thérapies

Une douleur sur le dessus du pied, surtout au niveau des lacets, pendant la marche ou lorsque vous relevez les orteils, peut évoquer une tendinite des extenseurs ou du tibial antérieur. Cette gêne est souvent liée à une surcharge ou à une compression locale. Elle doit toutefois être distinguée d’une fracture de stress ou d’un autre problème du pied. Repérer la zone douloureuse, adapter rapidement les sollicitations et savoir quand consulter aide à éviter que la douleur ne s’installe.

Pourquoi une tendinite peut apparaître sur le dessus du pied

Le dessus du pied est traversé par plusieurs tendons qui servent à relever le pied et les orteils. Les tendons extenseurs sont très superficiels. Ils peuvent donc devenir sensibles lorsqu’ils sont trop sollicités ou comprimés. Le tendon tibial antérieur, qui participe au relevé du pied à chaque pas, peut aussi être atteint. La douleur se situe alors parfois plus près de la cheville.

Schéma anatomique d’une tendinite dessus du pied montrant les tendons extenseurs et le tibial antérieur
Schéma anatomique d’une tendinite dessus du pied montrant les tendons extenseurs et le tibial antérieur

Le terme « tendinite » est couramment utilisé, même si l’on parle aussi de tendinopathie lorsque le tendon souffre surtout d’une surcharge progressive. La douleur apparaît lorsque les contraintes imposées au tendon dépassent temporairement sa capacité d’adaptation.

Une douleur souvent déclenchée par un changement récent

Une reprise de course après une pause, une randonnée inhabituelle, une augmentation trop rapide de l’intensité, des escaliers répétés ou de longues journées debout peuvent irriter la zone. Les terrains durs et les dénivelés sollicitent davantage le relevé du pied. Les coureurs, marcheurs, randonneurs et personnes qui travaillent debout sont donc régulièrement concernés.

Les chaussures jouent aussi un rôle. Un laçage trop serré, une languette rigide ou une chaussure trop basse sur le cou-de-pied peuvent comprimer les tendons à chaque foulée. L’effort n’est alors pas forcément excessif, mais le tendon subit une pression répétée dans un espace trop étroit. Desserrer uniquement la zone sensible, répartir les lacets autrement ou choisir une tige plus souple peut réduire cette contrainte sans modifier totalement les habitudes.

Les signes qui orientent vers une tendinite du dessus du pied

La douleur se situe généralement entre la cheville et la base des orteils. Elle peut suivre le trajet d’un tendon ou rester concentrée sur une zone précise à la palpation. Au début, elle apparaît surtout pendant l’activité. Elle peut ensuite survenir dès les premiers pas ou persister après l’effort.

  • Douleur augmentée par la marche rapide, la course ou le déroulé du pas ;
  • Sensibilité au toucher sur le dessus du pied ;
  • Gêne lorsque l’on relève le pied ou les orteils ;
  • Raideur au démarrage, parfois accompagnée d’un léger gonflement ;
  • Inconfort net sous les lacets, surtout dans certaines chaussures.

Un repère utile, sans s’autodiagnostiquer

Une douleur qui suit le trajet d’un tendon et qui augmente lorsque les orteils ou le pied sont relevés contre une résistance est compatible avec une irritation tendineuse. À l’inverse, une douleur très ponctuelle sur un os, particulièrement vive à l’appui ou lors de petits sauts, ne doit pas être attribuée trop vite à une tendinite. Seul un examen clinique permet d’orienter correctement le diagnostic.

Tendinite, fracture de stress ou fasciite : ne pas confondre les localisations

Le lieu précis de la douleur apporte une première indication, mais il ne remplace pas l’avis d’un professionnel. Comparer les symptômes aide surtout à repérer les situations qui nécessitent une évaluation rapide.

Problème possible Zone douloureuse habituelle Ce qui l’aggrave souvent
Tendinite du dessus du pied Cou-de-pied, trajet des extenseurs ou devant la cheville Relevé du pied, mouvement des orteils, lacets serrés, marche ou course
Fracture de stress Point osseux précis, parfois sur le dessus du pied Appui répété, course ; douleur parfois présente au repos
Fasciite plantaire Plante du pied, souvent près du talon Premiers pas du matin et station debout prolongée
Tendinopathie d’Achille Arrière du talon ou bas du mollet Montées, course, impulsion sur l’avant-pied

Une rougeur importante, une chaleur marquée, un gonflement soudain, une impossibilité de prendre appui, un engourdissement ou une douleur apparue après un traumatisme justifient une consultation rapide. Il en va de même si le pied est déformé ou si la douleur augmente malgré l’arrêt de l’activité. Les personnes diabétiques ou celles qui présentent des troubles de sensibilité ou de circulation doivent faire évaluer toute douleur ou plaie du pied sans attendre.

Soulager la zone sans entretenir la douleur

En phase douloureuse, l’objectif est de réduire la contrainte, pas de rester immobile indéfiniment. Le repos relatif consiste à suspendre temporairement les activités qui réveillent nettement la douleur, comme la course, les longues randonnées ou les côtes. Si cela reste confortable, vous pouvez conserver des mouvements doux et des activités moins impactantes.

Les premiers ajustements utiles

  1. Réduire la charge pendant quelques jours et éviter de continuer l’activité malgré une douleur nette.
  2. Appliquer du froid local enveloppé dans un tissu, par courtes périodes, si cela vous soulage.
  3. Desserrer ou modifier le laçage au niveau du cou-de-pied et vérifier que la chaussure ne comprime pas la zone.
  4. Surélever le pied au repos en cas de gonflement et privilégier une chaussure stable, assez large et non usée.
  5. Reprendre les activités progressivement lorsque la marche redevient confortable.

Les antalgiques ou les anti-inflammatoires ne doivent pas servir à masquer la douleur pour poursuivre l’entraînement. Leur utilisation doit être discutée avec un médecin ou un pharmacien, selon votre situation médicale. Une attelle, une orthèse ou des semelles orthopédiques peuvent parfois aider à décharger un tendon ou à corriger une contrainte biomécanique. Le choix doit être adapté à chaque situation.

Faire confirmer le diagnostic et éviter les récidives

Si les symptômes persistent, reviennent dès la reprise ou limitent la marche, consultez un médecin, un médecin du sport, un podologue ou un kinésithérapeute. L’observation de la marche, la palpation ainsi que les tests de mobilité et de force permettent souvent de préciser l’origine de la douleur. Une échographie peut être utile lorsque les symptômes persistent ou que le diagnostic reste incertain. Une IRM peut être proposée dans les situations plus complexes, notamment pour écarter une fracture de stress.

Réentraîner le tendon plutôt que seulement l’épargner

Après l’apaisement initial, la kinésithérapie peut associer mobilité de cheville, travail progressif des muscles releveurs, renforcement du mollet et exercices d’équilibre. Cette étape compte, car un tendon qui n’est plus exposé à aucune charge peut rester sensible lors du retour aux contraintes habituelles. Le programme doit rester indolore ou ne provoquer qu’un inconfort léger et transitoire.

Pour prévenir une nouvelle tendinite du dessus du pied, augmentez progressivement la durée, la vitesse, le dénivelé et la fréquence des séances, plutôt que de modifier plusieurs paramètres à la fois. Alternez les surfaces, remplacez les chaussures déformées ou trop étroites et vérifiez le confort du laçage avant une sortie longue. Une douleur qui diminue après ces adaptations est rassurante. Une douleur qui persiste, s’intensifie ou modifie votre façon de marcher mérite un avis médical plutôt qu’une reprise forcée.

Élisabeth Dufresne
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