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Thérapies

Thérapie positive : réduire le mal-être sans s’arrêter au mieux-être

Élisabeth Dufresne 12 min de lecture
Photo de thérapie positive : balance de vie dessinée sur un carnet

Publié par : — Rédactrice spécialisée en thérapies

La thérapie positive aborde la santé mentale sans se limiter à la disparition des symptômes. Elle aide aussi à repérer les ressources d’une personne, à renforcer ce qui lui donne de l’élan et à construire une vie plus cohérente avec ses valeurs. Cette orientation peut accompagner un travail sur l’anxiété, le stress, une estime de soi fragilisée ou un manque de sens, sans imposer de « penser positif » en permanence.

Thérapie positive, psychologie positive et psychothérapie positive : de quoi parle-t-on ?

Le terme thérapie positive est utilisé dans un sens large. Il désigne souvent un accompagnement inspiré de la psychologie positive, un champ de recherche consacré notamment au bien-être psychologique, aux émotions positives, aux relations, au sens et aux forces de caractère. L’objectif est de prendre en compte la souffrance sans réduire une personne à ses symptômes ou à ses difficultés.

Quiz de compréhension sur la thérapie positive

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1. Quelle distinction correspond le mieux aux notions présentées ?

La psychologie positive constitue un champ d’étude autour du bien-être, des forces et des ressources. La psychothérapie positive de Nossrat Peseschkian désigne une approche thérapeutique spécifique ; ces notions ne doivent donc pas être confondues.

2. Comment comprendre le modèle allant de −5 à 0 puis de 0 à +5 ?

Le modèle distingue une première progression allant de −5 vers 0, puis une seconde allant de 0 vers +5. Il sert à représenter le passage de la difficulté vers un fonctionnement plus équilibré, puis le développement de ressources, et non à produire un diagnostic chiffré.

3. Quel ensemble correspond aux outils évoqués dans cette approche ?

Parmi les outils présentés figurent notamment la balance de vie ainsi que l’utilisation d’histoires, de métaphores, de proverbes ou de récits pour favoriser la réflexion. Ils ne constituent pas, à eux seuls, un dispositif diagnostique.

4. Quelle différence générale avec la TCC et l’ACT est la plus juste ?

La TCC, l’ACT et la thérapie positive peuvent partager certains objectifs généraux, mais elles ne se confondent pas. La TCC est notamment centrée sur les liens entre pensées, émotions et comportements ; l’ACT met l’accent sur l’acceptation et l’action guidée par les valeurs.

5. Quelle prudence faut-il garder lors de l’interprétation des études sur ces approches ?

Les résultats doivent être replacés dans leur contexte : corrélation et causalité ne sont pas équivalentes, et une étude peut avoir des limites de méthode, d’échantillon ou de généralisation. Une conclusion prudente est donc nécessaire.

6. Quelle formulation respecte le mieux les limites d’interprétation du contenu ?

Le contenu présente des distinctions, un modèle et des outils de compréhension. Il ne permet ni de poser un diagnostic, ni de garantir un effet thérapeutique, ni de remplacer une démarche adaptée au contexte.

Une approche thérapeutique centrée aussi sur les ressources

Dans une thérapie positive, le thérapeute aide la personne à repérer ce qui la soutient déjà : ses qualités relationnelles, ses capacités d’adaptation, ses intérêts, ses expériences de réussite, son entourage, ses valeurs ou ses aspirations. Le travail peut viser le soulagement des symptômes, mais aussi l’autonomie, l’engagement dans des projets importants et une meilleure connaissance de soi. Une image souvent utilisée décrit un passage de -5 à 0, correspondant à la diminution du mal-être, puis de 0 à +5, qui représente le développement d’un fonctionnement plus satisfaisant.

La psychothérapie positive de Nossrat Peseschkian

Ce sens général doit être distingué de la Psychothérapie Positive développée par Nossrat Peseschkian. Cette approche intégrative et transculturelle s’est structurée autour de l’analyse différentielle, créée en 1969, et est présentée comme ayant émergé en 1977. Elle prend en compte les conflits, les capacités de la personne, ses liens familiaux et son contexte culturel. Son nom ne signifie donc pas qu’il faudrait rester optimiste à tout prix. Il s’agit d’examiner les difficultés sous plusieurs angles, y compris les compétences qui peuvent aider à y répondre.

Ce que l’accompagnement cherche concrètement à transformer

Une thérapie positive peut convenir à une personne qui se sent bloquée, épuisée, éloignée de ce qui compte pour elle ou enfermée dans des pensées négatives répétitives. Elle ne promet pas un bonheur permanent. Son objectif est plus concret : développer des repères pour traverser les périodes difficiles et avancer vers une vie qui a davantage de sens.

La psychothérapie positive pour renforcer le bien-être — Référence scientifique de Seligman (2006) présentant les fondements et les applications de la psychothérapie positive dans le traitement de la dépression et l’amélioration de la qualité de vie.

  • mieux identifier ses émotions, ses besoins et ses déclencheurs de stress ;
  • mobiliser des forces de caractère utiles dans la situation actuelle ;
  • retrouver des activités qui apportent de l’énergie, du plaisir ou du lien social ;
  • clarifier ses valeurs personnelles avant de prendre une décision importante ;
  • mettre en place des actions modestes, réalisables et régulières.

Penser son équilibre comme une palette peut aider à préciser la démarche. Une vie satisfaisante ne repose pas sur une seule dimension, comme la performance professionnelle ou la bonne humeur. Le thérapeute peut proposer d’observer plusieurs zones du quotidien, comme le repos, les relations, la curiosité, la contribution, la créativité ou la sécurité matérielle, puis de repérer celles qui ont été réduites par les contraintes. Cette lecture évite de chercher une solution unique à un mal-être complexe. Elle conduit plutôt vers un ajustement concret, par exemple réserver du temps à une activité délaissée ou rétablir un contact important.

À quoi ressemble une séance de thérapie positive ?

Le premier rendez-vous sert généralement à préciser la demande : ce qui fait souffrir, ce que la personne souhaite voir évoluer, ses antécédents éventuels et ses ressources actuelles. Le professionnel cherche aussi à déterminer si l’approche correspond à la situation et si une prise en charge médicale ou spécialisée doit être envisagée en parallèle. Les objectifs peuvent ensuite être reformulés pour rester observables et adaptés au rythme de la personne.

Un travail actif, en séance et entre les rendez-vous

Les séances reposent sur l’écoute active, le questionnement et la mise en perspective des situations vécues. Selon l’orientation du praticien, elles peuvent inclure un inventaire des forces de caractère, une réflexion sur les valeurs, l’observation des pensées ou des exercices de pleine conscience. Des tâches simples sont parfois proposées entre deux rendez-vous : noter trois moments ayant apporté de l’énergie, tester une activité liée à une valeur importante ou observer une situation stressante sans se juger immédiatement. Ces exercices servent à prolonger le travail, pas à remplacer les séances.

Un protocole présenté autour de la psychothérapie positive comporte 14 thèmes, 14 séances et 12 exercices thérapeutiques. Ce cadre ne correspond pas à une durée universelle. Le nombre de rendez-vous, leur fréquence et les outils retenus dépendent de la demande, de la sévérité des difficultés, du rythme de la personne et du cadre de travail du professionnel. Un accompagnement sérieux précise ces éléments dès les premiers échanges et réévalue régulièrement les progrès. La fin du suivi peut aussi être préparée en identifiant les ressources à continuer d’utiliser de façon autonome.

Des outils à utiliser avec discernement

La pleine conscience consiste à ramener volontairement son attention vers l’expérience présente, qu’il s’agisse des sensations, des pensées, des émotions ou de l’environnement, sans chercher à tout contrôler. Elle peut soutenir la régulation du stress, mais elle n’est ni obligatoire ni adaptée de la même manière à chacun. De même, travailler ses forces de caractère ne signifie pas se forcer à être enthousiaste. Une force peut être la prudence, la persévérance, l’humour, la curiosité ou la capacité à demander de l’aide, selon la situation.

La réflexion sur les valeurs complète ces outils. Elle aide à distinguer ce qui compte réellement d’un objectif dicté par la pression sociale ou par la peur de décevoir. Une valeur n’est pas un résultat à atteindre, mais une direction qui peut guider les décisions. Le travail thérapeutique consiste alors à traduire cette direction en actions réalistes, compatibles avec l’état de la personne et les contraintes de son quotidien.

Thérapie positive, TCC, ACT : quelles différences utiles ?

Ces approches peuvent se croiser dans la pratique, notamment lorsqu’un psychologue adopte une démarche intégrative. Les opposer de manière rigide serait trompeur. Elles partagent souvent un objectif d’amélioration du quotidien, mais leurs points de départ, leurs concepts et leurs outils diffèrent.

Approche Point d’attention principal Outils fréquemment mobilisés Repère important
Thérapie positive Ressources, bien-être, sens et développement personnel Forces, émotions positives, valeurs, exercices entre les séances Ne doit pas minimiser les symptômes ni les événements douloureux
Psychothérapie traditionnelle Souffrance, conflits, symptômes et histoire personnelle Selon l’orientation : parole, interprétation, soutien ou analyse relationnelle Le terme recouvre des pratiques très différentes
TCC Liens entre pensées, émotions et comportements Restructuration cognitive, exposition, apprentissages comportementaux Souvent structurée autour d’objectifs ciblés
ACT Flexibilité psychologique face aux expériences internes Acceptation, défusion, valeurs et action engagée Elle vise moins à supprimer les pensées qu’à modifier leur influence

L’ACT, ou thérapie d’acceptation et d’engagement, s’est développée dans les années 1980. Elle s’organise autour de six dimensions de la flexibilité psychologique. Elle peut rejoindre la thérapie positive lorsqu’il s’agit de clarifier ses valeurs et de passer à l’action, mais son cadre théorique est spécifique. L’acceptation ne consiste pas à approuver une situation difficile. Elle revient à laisser une place à l’expérience présente pour éviter que la lutte contre les pensées ou les émotions ne dirige tous les comportements.

Les TCC, de leur côté, se concentrent particulièrement sur les mécanismes qui entretiennent un problème et sur des stratégies concrètes pour les modifier. Une psychothérapie positive peut reprendre certains de ces outils, mais elle ajoute une attention plus marquée aux ressources, au sens et au fonctionnement souhaité. Dans tous les cas, la méthode choisie doit correspondre à la demande et être ajustée au cours du suivi.

Que disent les études, et quand consulter sans attendre ?

Les recherches sur les interventions issues de la psychologie positive, les forces de caractère et la pleine conscience alimentent l’intérêt pour cette orientation. Une étude citée de Parks, Rashid et Seligman en 2006 rapporte des bénéfices maintenus à long terme pour 55 % des personnes ayant suivi une psychothérapie positive, contre 20 % pour une psychothérapie traditionnelle et 8 % pour une psychothérapie traditionnelle avec antidépresseur. Ces chiffres ne permettent pas de prédire le résultat pour une personne donnée. La population étudiée, le protocole, les critères d’évaluation et la durée du suivi influencent leur interprétation.

Des travaux cités sur les forces de caractère, notamment ceux de Woof, Linley, Maltby, Kashdan et Hurling en 2010, ainsi que sur la pleine conscience avec Lestage et Bergugnat en 2019, soutiennent l’intérêt de ces outils. Ils ne transforment pas pour autant la thérapie positive en réponse universelle. La qualité de l’alliance thérapeutique, l’adaptation au vécu et la compétence du praticien restent déterminantes. Une amélioration ponctuelle ne suffit pas non plus à établir un bénéfice durable.

Pour choisir un professionnel, vérifiez sa qualification, son orientation, son expérience des difficultés qui vous concernent et la clarté de son cadre : objectifs, confidentialité, fréquence et modalités de réévaluation. Demandez aussi comment les progrès seront observés et quelle place les exercices occuperont entre les rendez-vous. En cas de dépression sévère, d’idées suicidaires, de traumatisme important, d’addiction ou de symptômes mettant la sécurité en jeu, une évaluation rapide par un professionnel de santé est indispensable. La thérapie positive peut alors s’intégrer à une prise en charge plus large, mais ne remplace ni un diagnostic médical ni un traitement lorsqu’ils sont nécessaires.

Élisabeth Dufresne
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