Santé

Arthroscopie du genou : deux petites incisions, une récupération liée au geste

Élisabeth Dufresne 7 min de lecture
Arthroscopie genou en bloc opératoire, écran d’arthroscopie

L’arthroscopie du genou est une intervention mini-invasive qui permet d’observer l’intérieur de l’articulation et, si nécessaire, de traiter une lésion pendant le même acte. Souvent réalisée en ambulatoire, elle soulève des questions sur l’anesthésie, la douleur, la marche et la reprise des activités. Les suites dépendent surtout de la lésion prise en charge et du geste réalisé.

Une caméra pour explorer et traiter l’intérieur du genou

L’arthroscopie se déroule au bloc opératoire. Le chirurgien introduit un arthroscope, un tube de quelques millimètres équipé d’une lentille, d’une caméra et d’un éclairage, par une petite incision. Les images apparaissent sur un écran pour examiner les différentes structures de l’articulation : ménisques, cartilage, ligaments, synovie et éventuels corps étrangers.

Schéma explicatif d’une arthroscopie du genou avec arthroscope et petites incisions
Schéma explicatif d’une arthroscopie du genou avec arthroscope et petites incisions

Le genou est généralement rempli de sérum physiologique pendant l’intervention. Ce liquide écarte doucement les structures et améliore la visibilité. Une ou plusieurs autres petites incisions permettent de faire passer les mini-instruments nécessaires au geste prévu. On pratique habituellement 2 ou 3 petites incisions autour du genou. Les cicatrices sont en général plus discrètes que celles d’une chirurgie ouverte.

L’arthroscopie peut servir à explorer l’articulation lorsque les examens réalisés avant l’opération ne suffisent pas à expliquer les symptômes. Elle est toutefois surtout utilisée à visée thérapeutique. Le chirurgien identifie la lésion puis intervient de manière ciblée, sans ouvrir largement l’articulation.

Dans quelles situations une arthroscopie est-elle proposée ?

Une douleur isolée ne suffit pas à décider une arthroscopie du genou. La décision repose sur l’examen clinique, l’histoire des symptômes, les examens d’imagerie et le retentissement sur la marche, le travail ou le sport. L’objectif est de traiter une lésion accessible à l’arthroscopie et susceptible d’améliorer la fonction du genou.

Ménisque, blocage et gêne mécanique

Une lésion méniscale peut provoquer des douleurs, des accrochages, un gonflement ou un véritable blocage du genou. Certaines déchirures instables, notamment lorsqu’un fragment se déplace dans l’articulation, peuvent justifier une méniscectomie partielle. Selon le type de lésion, une réparation du ménisque peut aussi être proposée.

Le geste choisi cherche à préserver autant que possible le tissu méniscal sain. Celui-ci participe à la répartition des contraintes dans le genou. Le choix entre une résection partielle et une réparation dépend donc de la lésion observée et de sa situation.

Ligaments, cartilage et corps étrangers

L’arthroscopie peut être intégrée à la prise en charge d’une lésion ligamentaire, notamment lors d’une ligamentoplastie. Elle permet aussi de retirer un corps étranger intra-articulaire, d’évaluer ou de traiter certaines lésions cartilagineuses et de prendre en charge une gêne mécanique persistante.

Une sensation de lâchage ou d’instabilité doit toutefois être analysée dans son ensemble. L’intervention ne se décide pas sur le seul ressenti du patient, mais sur la concordance entre les symptômes, l’examen et les examens disponibles.

Le jour de l’intervention : anesthésie, gestes et sortie

Avant l’opération, une consultation avec le médecin anesthésiste permet de choisir la technique la plus adaptée au geste, à l’état de santé et aux antécédents du patient. L’arthroscopie peut être réalisée sous anesthésie générale, sous anesthésie locorégionale ou, dans certains cas, sous anesthésie péridurale. Le choix est expliqué avant l’intervention.

Étape Ce qui se passe Ce qui varie selon le cas
Installation au bloc Préparation de la peau et positionnement du genou Type d’anesthésie retenu
Exploration Introduction de l’arthroscope et visualisation sur écran Structures à examiner
Traitement Passage de mini-instruments par les autres incisions Ménisque, ligament, cartilage ou corps étranger
Retour à domicile Surveillance après le réveil puis remise des consignes Ambulatoire ou hospitalisation courte

La durée de l’acte dépend directement de ce qui doit être réalisé. Une intervention portant uniquement sur le ménisque peut durer jusqu’à 30 minutes. Un geste sur un ligament peut aller jusqu’à 2 heures. Ces durées ne correspondent ni au temps d’accueil au bloc ni à celui de la surveillance après l’anesthésie.

Dans de nombreux cas, l’intervention est ambulatoire. Le patient rentre chez lui le jour même, selon les consignes de l’établissement et avec un accompagnement si celui-ci est demandé. Un drain peut parfois être laissé quelques jours. Une attelle peut aussi être prescrite dans certaines situations. Ces dispositifs ne sont pas systématiques.

Les premiers jours : douleur, appui et rééducation

Après une arthroscopie du genou, une douleur modérée, un gonflement et une sensation de raideur sont fréquents. Le traitement antalgique prescrit, le repos relatif, la surélévation de la jambe et l’application de froid, selon les recommandations reçues, contribuent à améliorer le confort.

Les consignes concernant le pansement, la douche, les médicaments et l’appui autorisé doivent être suivies avec attention. Elles peuvent varier selon le geste réalisé, notamment lorsqu’un ménisque a été réparé ou qu’une structure doit être protégée.

Recommencer à bouger sans brûler les étapes

La rééducation peut débuter dès le lendemain lorsque l’état du genou et l’intervention le permettent. Elle vise à récupérer progressivement l’extension et la flexion, à limiter l’enraidissement, puis à restaurer le contrôle musculaire et la stabilité. Des béquilles peuvent être utiles au début, surtout si l’appui doit être protégé.

La durée d’utilisation des béquilles ne peut pas être fixée sans connaître l’intervention exacte. Elle dépend notamment de la réparation réalisée et des consignes du chirurgien.

Remettre l’articulation en mouvement au bon dosage favorise la circulation, la confiance dans l’appui et le réveil musculaire. À l’inverse, tester trop vite son genou par des escaliers répétés, une longue marche ou une reprise sportive peut entretenir l’épanchement et ralentir les progrès. La récupération se juge moins au calendrier qu’à la diminution du gonflement, à la qualité de la marche et au contrôle du mouvement.

Travail et sport : des délais individualisés

Le temps de récupération après une arthroscopie du genou varie selon le geste. Une simple résection méniscale n’impose pas les mêmes contraintes qu’une suture méniscale ou qu’une ligamentoplastie. Dans ces situations, la protection du geste et la rééducation sont plus longues. Le type d’emploi compte également : un poste sédentaire et un métier physique ne sollicitent pas le genou de la même manière.

La reprise du sport intervient lorsque la douleur, le gonflement, la mobilité, la force et la stabilité sont compatibles avec l’activité visée. Pour les sports comportant des pivots, des sauts ou des changements d’appui, l’accord du chirurgien et du kinésithérapeute est particulièrement important. La rééducation peut durer plusieurs semaines, voire davantage selon la réparation réalisée.

Bénéfices, limites et signaux qui doivent faire consulter

Le principal avantage de l’arthroscopie est de permettre une visualisation directe et un traitement ciblé grâce à de petites incisions. Elle ne transforme pas chaque douleur du genou en indication chirurgicale. En cas d’usure diffuse, de douleur sans lésion mécanique corrigeable ou lorsque les traitements non opératoires restent pertinents, le chirurgien peut privilégier l’adaptation des activités, la rééducation, le traitement de la douleur ou la surveillance.

Comme tout acte chirurgical, l’arthroscopie comporte un risque de complications faible mais non nul : infection, saignement, hématome, phlébite, raideur, douleur persistante, réaction à l’anesthésie ou résultat fonctionnel insuffisant. Ces risques sont abordés pendant la consultation pour comparer le bénéfice attendu et les contraintes de l’intervention.

  • Contactez rapidement l’équipe soignante si la douleur augmente fortement malgré le traitement, en cas de fièvre, d’écoulement important du pansement ou de rougeur marquée.
  • Une jambe ou un mollet très gonflé, douloureux ou inhabituellement chaud nécessite un avis médical sans attendre.
  • Respectez le rendez-vous de contrôle. Il permet d’examiner les cicatrices, d’ajuster la rééducation et de sécuriser la reprise des activités.

Une arthroscopie bien préparée repose sur une information claire : comprendre la lésion, connaître le geste envisagé, organiser le retour à domicile et suivre les consignes de récupération. Le résultat fonctionnel dépend de la cohérence entre la chirurgie, la protection du genou et la rééducation.

Élisabeth Dufresne
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